Nous nous sommes entretenus avec l’athlète de Cirque Karianne Hayes au sujet de sa passion, voici les propos recueillis :
– Comment as-tu commencé à pratiquer les arts du cirque?
– Quel a été ton cheminement?
J’ai découvert le cirque par hasard. Quand j’ai déménagé à Disraeli, j’ai dû choisir une concentration parmi celles offertes. Comme aucune de ces concentrations ne me parlait vraiment, j’y suis allé pour celle qui rendait la polyvalente de Disraeli différente: Le cirque. Choix surprenant puisque j’avais en horreur tous sports confondus et que je passais le plus clair de mon temps le nez dans les livres. J’ai découvert grâce à ce programme, ce qui fut d’abord mon loisir, ma passion puis ma vie.
Dès la fin de ma première année en cirque au secondaire, j’ai appliqué pour faire partie de la troupe adodado qui, à l’époque, produisait chaque été un spectacle semi-professionnel de cirque présenté au théâtre de la Chèvrerie à St-Fortunat. À mon plus grand bonheur, j’ai été sélectionnée. Ce fut le début d’une série d’étés de créations et d’apprentissages qui m’ont beaucoup apporté, tant sur le plan professionnel que personnel. Pendant trois ans j’ai donc alterné cirque-étude à l’école, puis création et spectacle pendant la période estivale.
En cinquième secondaire, j’ai pris la décision la plus folle de ma vie. Let’ run away with the circus! J’ai auditionné pour l’école de cirque de Québec où j’ai été sélectionnée dans le programme préparatoire. Folle de joie, je suis sautée dans le bateau les yeux fermés, prête à prendre tout ce que cette école pouvait m’offrir. Je suis passée à travers cette première année dans une école professionnelle avec mon lot de difficultés et de satisfactions. Malgré les épreuves que j’ai traversées pendant cette année, j’ai décidé d’être fidèle à ce rêve qui me grugeait depuis quelques années déjà, et j’ai auditionné à nouveau, cette fois pour le DEC en arts du cirque, un programme de trois ans en collaboration avec le CEGEP Limoilou. Je vous laisse imaginer ma réaction quand j’ai reçu par courrier la phrase suivante: «Mme. Karianne Hayes, nous avons le plaisir de vous annoncer que vous avez été admise en première année du programme professionnel de l’École de Cirque de Québec.»
– Comment choisis-tu les disciplines que tu pratiques?
J’ai choisi de me spécialiser en roue allemande, cerceau aérien et contorsion. Pourquoi? D’abord contorsion parce que c’est naturel pour moi. J’ai toujours été assez souple et c’est à travers cette souplesse que j’ai réussi à trouver un langage corporel qui m’est propre. Ensuite la roue allemande. Ce fut un coup de chance, je dirais. Vers la fin de mon quatrième secondaire, j’ai eu la chance de suivre une formation donnée par un spécialiste dans le domaine. Je suis tombée amoureuse de la sensation. Dans ma roue allemande, je me sens à mon aise. Vous souvenez-vous de votre première expérience sur une balançoire? J’y retrouve des sensations semblables. Comme si à son contact je devenais aussi puissante qu’un tsunami, que je pouvais faire abstraction de la gravité. Avec les années j’ai exploré différentes façons de l’utiliser puis j’ai développé un style à moi qui combine acrobaties dynamiques et contorsion. Finalement le cerceau. Je crois que c’est une obsession pour les cercles qui m’a attirée vers le cerceau. J’avais envie de quelque chose avec une dynamique différente de la roue allemande. Quand je me suis assise dans le cerceau la seule pensée qui m’est venu est: Pourquoi pas! Encore une fois, j’ai utilisé ma souplesse pour chercher sortir de ce qu’on voit déjà beaucoup dans cet appareil.
– Ta plus grande fierté concernant les arts du cirque jusqu’à présent
Je crois que ce dont je peux être le plus fière, c’est tout simplement d’avoir cru en mon rêve. Beaucoup de gens m’ont dit que le cirque pouvait être un loisir mais pas une carrière. C’est certain que c’est un milieu difficile qui nous pousse constamment à exiger d’avantage de nous-mêmes et de repousser nos limites. Parfois j’ai envie de lancer ma roue allemande au bout de mes bras, de bruler mon cerceau et de me faire greffer un nouveau dos. Chaque jour une nouvelle ecchymose, des courbatures, de la fatigue… Mais quand on passe le cap du négatif, on retrouve cette liberté, cette capacité d’exprimer à notre façon ce qu’on a envie de partager, et cette grande famille que constitue le milieu du cirque. Suivre mon rêve m’a permis de rencontrer des personnes merveilleuses, de m’ouvrir au monde, mais par-dessus tout d’être heureuse et accomplie. Je vois difficilement ce que je pourrais demander de plus.
– Quels sont tes projets en cours et projets futurs?
Pour le moment, je me concentre sur mon entraînement et ma mise en marché, mais une fois ma formation achevée (C’est à dire dans quelques mois à peine!) j’ai envie d’aller partout! Voyager et découvrir toutes les opportunités que le cirque peut m’apporter! De la grosse compagnie connue à un petit collectif de trois personnes en passant par les cabarets et les évènements corporatif, tout me fait envie!
Pour des vidéos, photos et textes de mon travail ou simplement m’écrire un petit mot, passez faire un tour sur mon site internet www.kariannehayes.com . C’est avec plaisir que j’aimerais vous en partager davantage sur qui je suis et ce que je travaille!
* Crédits photos : Daniel Pelletier *