juillet 2, 2022

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Couverture vaccinale grippe des professionnels exerçant en EHPAD en France et déterminants associés, saison 2018-2019 : une enquête transversale | BMC Santé Publique

Nous avons constaté une faible couverture vaccinale contre la grippe au cours de la saison 2018-2019 chez les personnels de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants et autres personnels paramédicaux) et les professionnels non médicaux exerçant en NH en France. L’adoption variait selon la catégorie professionnelle. Conformément aux résultats d’autres études françaises et européennes, la couverture était la plus élevée chez les médecins (75 %). [11,12,13], suivis par les infirmières, les autres personnels paramédicaux, les professionnels non médicaux et les aides-soignants. Ces résultats ont montré que les professionnels en contact étroit avec les résidents NH, et notamment les aides-soignants, sont insuffisamment vaccinés. L’objectif de couverture de 75 % n’est atteint que pour les médecins.

Les données de couverture de la saison 2018-2019 en France métropolitaine ont été comparées à celles de la saison 2008-2009 (les données outre-mer pour cette dernière période n’étaient pas disponibles) [11]. Au cours de la période intermédiaire de 10 ans, la couverture en médecins a augmenté (2008-2009 : 60,4 % [CI95%: 54.9–65.8] vs. 2018-2019 : 75,5 % [69.3–81.7]), est resté stable chez les infirmiers (45,2 % [42.8–47.5] vs. 43,1 % [39.6–46.7]), a diminué chez les aides-soignants (33,7 [31.8–35.6] vs. 26,9 [24.6–29.2]), et tend à diminuer chez les professionnels non médicaux (34,2 [32.0–36.3] vs. 28,8 [25.2–32.3]). Aucune donnée n’a été recueillie pour les autres personnels paramédicaux en 2008-2009. Par conséquent, une comparaison à l’identique de la couverture des soins de santé ne peut pas être effectuée. Compte tenu de ces données manquantes, la couverture pour tous les agents de santé combinés est restée relativement stable et faible (33,6 % [31.9–35.4] vs. 31,9 % [29.7–34.1]. Les différences de couverture selon la profession se sont accentuées au fil du temps. Il s’agit d’un constat particulièrement inquiétant, surtout pour les aides-soignants, car ils prodiguent des soins directs et de proximité aux résidents. De plus, ce constat met en évidence la difficulté d’atteindre ces populations, et souligne l’importance de créer des messages de prévention adaptés pour les professionnels travaillant en NH.

Cette tendance pourrait également s’expliquer par la polémique en France autour de la vaccination contre la grippe dans le contexte de la pandémie H1N1 en 2010, où un très grand nombre de doses de vaccins ont été achetées alors que la consommation finale était faible. Cela a contribué à une réticence croissante de la population française vis-à-vis des vaccins en général, entraînant une diminution pluriannuelle de la couverture et éventuellement une diminution de la consommation chez certaines catégories de professionnels en NH [14]. D’autres scandales sanitaires perçus ou réels au cours des dernières décennies ont peut-être également contribué à saper la confiance de la population dans la vaccination.

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Notre étude a mis en évidence plusieurs conclusions clés utiles aux décideurs politiques pour améliorer l’adoption de la vaccination antigrippale chez les travailleurs de la santé travaillant dans le NH. Nous discutons de ces résultats ci-dessous.

Accessibilité aux vaccins

La vaccination gratuite contre la grippe sur place pour les professionnels travaillant dans NH a considérablement amélioré la couverture vaccinale. Dans notre étude, près de 98% des NH ont déjà mis en place cette mesure.

Séances d’information en interne

L’organisation de séances d’information pour le personnel des NH était associée à une couverture vaccinale plus élevée que ces séances soient collectives ou individuelles.

Alors que fournir des informations sur les vaccins antigrippaux était associé à une couverture plus élevée des agents de santé, ce n’était pas le cas pour fournir des informations sur la grippe ou des informations sur les avantages individuels ou collectifs de la vaccination. Ce résultat suggère que les professionnels attendent des informations fiables sur les vaccins antigrippaux avant de décider de se faire vacciner ou non. Des études ailleurs ont montré que le fait de croire que le vaccin est efficace et peu susceptible de provoquer des effets secondaires est corrélé à une utilisation plus élevée [15, 16].

Des séances d’information et des informations sur les vaccins antigrippaux sur la vaccination conduiraient très probablement à des améliorations significatives, puisque nous avons constaté que moins de 70 % des SN en France ont organisé de telles séances pour le personnel pendant la saison grippale 2018-2019 ou ont donné des informations sur les vaccins antigrippaux.

Les médias pour transmettre l’information

Bien que plus de 90 % des NH inclus aient accroché des affiches pour promouvoir la vaccination antigrippale chez les soignants, ce média n’a pas eu d’influence sur la vaccination dans cette population. En revanche, l’utilisation de vidéos ou de jeux était associée à une utilisation plus élevée chez les travailleurs de la santé (plus de 40 %). Le succès de ces médias pourrait certainement être lié au fait qu’ils attirent mieux l’attention des professionnels en raison de leur originalité et parce qu’ils favorisent les échanges interactifs. Il est important de souligner que ces outils n’ont été utilisés que dans 10 % des NH.

Contact humain

Le fait d’avoir un point de contact dans le NH qui a fourni des informations précises sur la vaccination était associé à une utilisation plus élevée chez les travailleurs de la santé (70 %). Néanmoins, seuls 33% de l’ensemble des NH inclus déclarent avoir une telle personne.

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Les points évoqués ci-dessus mettent en évidence que toute information diffusée lors d’une campagne de vaccination doit prendre en compte les éléments suivants : i) fournir des informations sur les vaccins antigrippaux, ii) utiliser des supports attractifs, et iii) être véhiculées par un point de contact vaccinateur pouvant fournir des informations fiables. informations sur la vaccination. Des études antérieures ont montré que les travailleurs de la santé peuvent être réticents à rechercher des informations publiées par les instituts nationaux de santé publique en raison de contraintes de temps [17]. De plus, des outils d’information innovants et originaux, accessibles et utilisables directement en NH, ainsi que des programmes de formation des formateurs pour les points de contact de vaccination doivent être explorés. La combinaison de ces mesures devrait permettre d’augmenter la couverture vaccinale.

Dans notre étude, la couverture était également plus élevée en NH où un coordinateur de soins était présent, et lorsque le directeur, le coordinateur de soins ou l’infirmier coordinateur soutenaient et étaient impliqués dans la campagne de vaccination.

Des taux de vaccination plus élevés ont été observés dans les NH privés (vs les NH publics). Ce constat avait déjà été observé pour la saison 2007-2008 en France [11]. Les maisons de retraite privées peuvent encourager la vaccination de leur personnel plus que les maisons de retraite publiques. De plus, la couverture était plus élevée dans les petits NH (c’est-à-dire moins de 100 lits), ce qui reflète les résultats antérieurs en France [11]. Cela peut s’expliquer par le fait que les équipes de gestion des petits NH sont plus soucieuses de la santé de leur personnel : tomber malade peut entraîner l’absentéisme des agents de santé ; compenser un collègue absent peut être plus difficile dans les petites structures.

Des études sur la réticence à la vaccination ont conclu que si les connaissances sur l’efficacité et l’innocuité sont des éléments clés, l’approbation de la société, le soutien des collègues et la conviction que la plupart des collègues ont été vaccinés sont également importants. [17, 18].

Enfin, la couverture vaccinale contre la grippe est beaucoup plus faible dans les quatre territoires d’outre-mer inclus qu’en France métropolitaine. Bien que la grippe circule également en Amérique du Sud et dans les îles des Caraïbes, il est possible que les travailleurs de la santé de ces territoires se soient sentis moins à risque ou aient été plus réticents à se faire vacciner contre cette maladie. Des études spécifiques sont nécessaires pour caractériser la réticence à la vaccination antigrippale et mettre en place des campagnes de vaccination adaptées dans les territoires ultramarins. Il est possible que l’appropriation ait été sous-estimée pour l’île de La Réunion en raison de la période d’étude, ce territoire étant situé dans l’hémisphère sud.

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La vaccination antigrippale annuelle est recommandée pour les travailleurs de la santé dans le monde entier, mais la participation reste faible dans la majorité des pays [19, 20]. Les programmes de vaccination obligatoire contre la grippe pour les travailleurs de la santé ont conduit à des niveaux de couverture de plus de 95 % [21,22,23]. Actuellement, aucun pays n’a rendu la vaccination antigrippale obligatoire pour les travailleurs de la santé au niveau national.

Notre étude a des limites. Premièrement, nous n’avons collecté que des données agrégées ; les données individuelles telles que les caractéristiques démographiques, la réticence à la vaccination et les connaissances sur le vaccin antigrippal n’ont pas été recueillies. Malgré un taux de réponse élevé (certainement en partie grâce au questionnaire court et facile à remplir utilisé), les NH qui n’ont pas répondu à l’enquête peuvent avoir été ceux où les initiatives de vaccination des soignants étaient les moins développées et avaient donc des taux de couverture potentiellement plus faibles . Deuxièmement, le questionnaire a été auto-administré par les directeurs des NH, les coordonnateurs médicaux ou infirmiers, et la qualité des données ne peut pas être vérifiée. Enfin, un biais de rappel ne peut être exclu, bien que l’on puisse supposer qu’il était limité compte tenu de l’intervalle de temps relativement court entre la période de vaccination et l’étude. Les estimations de la couverture vaccinale antigrippale obtenues dans le cadre de cette étude étaient proches de celles observées dans la surveillance des grappes respiratoires aiguës survenues dans les maisons de soins infirmiers au cours de la saison 2018-2019 (couverture vaccinale antigrippale des travailleurs de la santé : 33 %) [3]. Enfin, en raison du faible nombre de NH dans les territoires d’outre-mer (îles hétérogènes), ces données doivent être interprétées avec prudence.

Le taux de vaccination contre la grippe chez les résidents de NH n’a pas été étudié dans cette étude car il a été signalé comme élevé pendant de nombreuses années en France [11]et a été confirmé par les données de surveillance pour la saison 2018-2019 (87 % d’absorption dans les grappes d’infections respiratoires aiguës signalées par le NH) [3].