mai 26, 2022

Le Quotidien des lacs

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La France s’apprête à choisir son prochain président – les chercheurs partagent leurs espoirs

Le vote pour l’élection présidentielle française débutera le 10 avril.Crédit : Philippe Lopez/AFP/Getty

La semaine prochaine, les scientifiques français seront parmi les citoyens aux urnes pour entamer le processus de choix du prochain président du pays.

Les sondages d’opinion suggèrent qu’Emmanuel Macron, du parti centriste La République en marche, remportera probablement l’élection : dans les sondages d’opinion, il a actuellement une avance d’environ 9 % sur sa plus proche rivale, Marine Le Pen du Rassemblement d’extrême droite. Nationale.

Le manifeste de Macron promet de faire de la recherche une priorité nationale et d’accroître l’autonomie des universités. « Nous devons continuer à encourager la recherche fondamentale et stimuler l’innovation », dit-il. « Nous ferons de la France le leader mondial de la recherche sur le réchauffement climatique et la transition écologique. » Certains scientifiques saluent ces promesses, bien que d’autres soient plus sceptiques.

Le programme de Le Pen mentionne la recherche en passant, promettant de soutenir la science fondamentale, la recherche et le développement et l’innovation. Le troisième candidat le plus performant dans les sondages d’opinion, Jean-Luc Mélanchon de l’extrême gauche La France Insoumise, s’est engagé à supprimer l’actuel plan scientifique décennal (qui doit courir jusqu’en 2030), à augmenter les budgets de la recherche et à lancer un important plan de construction et de rénovation de laboratoires et d’autres installations universitaires.

Avant le premier tour de scrutin du 10 avril, Nature a parlé à trois scientifiques en France de la façon dont la science s’est comportée sous la direction de Macron et de leurs espoirs pour l’avenir.

Explorez d’autres mondes pour inspirer les gens

Susan Conway, chercheuse en sciences planétaires dans un laboratoire co-dirigé par l’Université de Nantes et le CNRS.

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« J’espère que la recherche sur l’exploration spatiale et l’observation de la Terre sera une priorité pour celui qui remportera l’élection présidentielle. Explorer d’autres mondes inspire les gens et stimule les innovations technologiques qui autrement seraient manquées. Les satellites ont révolutionné notre compréhension du changement climatique et ont permis de réagir rapidement aux ouragans, tremblements de terre, éruptions volcaniques et autres catastrophes naturelles.

« Dans l’ensemble, le président Macron a été positif pour la science et a encouragé les investissements dans l’énergie, le climat et la recherche biomédicale. Il ne se concentre pas uniquement sur les structures de recherche perçues comme « excellentes » – par le passé, cette focalisation a empoisonné les relations entre universités françaises et entre chercheurs. Cependant, le financement de la recherche en France est très fracturé et difficile à gérer, même de l’intérieur. Cette complexité a retardé le financement de la recherche pendant la pandémie de COVID-19.

« Je salue les plans de Macron visant à promouvoir l’industrie spatiale et des sujets plus pointus dans l’enseignement supérieur, s’il remporte les élections. En tant que chercheuse, j’aimerais voir plus de femmes dans la science et une plus grande égalité entre les sexes. Dans l’ensemble, je suis optimiste quant à l’écosystème de la recherche en France. Je suis né et j’ai fait mes études au Royaume-Uni, mais je prévois de passer le reste de ma carrière en France, en raison de la stabilité et de la liberté que me procure le travail au CNRS. »

Une baisse du financement de la recherche

Bruno Canard, directeur de recherche d’un laboratoire commun de biologie structurale CNRS-Aix-Marseille Université.

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« Pour moi, la priorité absolue pour les cinq prochaines années devrait être la création d’un véritable ministère de la recherche au sein du gouvernement. La dernière fois que nous en avons eu un, c’était en 2002. Depuis, la recherche a fusionné avec l’enseignement supérieur, la technologie ou l’innovation.

« Je souhaite également qu’il soit mis fin à la guerre silencieuse entre les organismes de recherche français, comme le CNRS, l’agence de recherche biomédicale Inserm et l’agence de recherche agronomique et environnementale Inrae, qui dépendent de différents ministères.

Macron met l’accent sur l’autonomie universitaire et la recherche axée sur les projets dans son manifeste, mais ne dit rien sur le manque d’infrastructures et de personnel. Le financement public de la recherche a continué de baisser en termes réels et les vaccins COVID-19 ont été un fiasco. D’autres pays, dont la Chine, ont pris le chemin inverse depuis le début des années 2000 en consacrant des ressources sans précédent à la recherche, car ils ont pris conscience de son importance stratégique à l’échelle internationale.

« Malgré l’érosion de la science française ces 20 dernières années, je reste optimiste. Il y a une énorme demande pour la science en France, et de plus en plus de gens comprennent son rôle dans la lutte contre le virus SARS-CoV-2. »

Une nouvelle feuille de route pour la recherche ?

Bernard Meunier, ancien président de l’Académie des sciences et directeur de recherche émérite au laboratoire de coordination chimique du CNRS à Toulouse.

« C’est la neuvième élection présidentielle française depuis que j’ai commencé à travailler comme scientifique en 1970. J’espère toujours que le gouvernement réduira la bureaucratie dans les institutions de recherche telles que les universités, l’Agence nationale de la recherche ANR, l’agence d’évaluation Hcéres et les grands publics- des organismes de recherche comme le CNRS. Un ministre de la recherche, Thierry Mandon (qui a occupé le poste de 2015 à 2017), a tenté de s’attaquer au problème de la bureaucratie, malheureusement sans succès.

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« Un autre de mes espoirs pour les cinq prochaines années est qu’il y aura plus de financement pour la recherche sur le ciel bleu, ce que Macron ne quantifie pas dans sa plateforme de réélection. Au début de son mandat, Macron n’a fait que du bout des lèvres la science et n’a pas fait grand-chose à ce sujet. Cela a commencé à changer lorsque le COVID-19 a atteint la France au début de 2020, mais il n’y a toujours pas eu d’impact massif sur le financement de la science. La France devrait créer une nouvelle feuille de route pour la recherche. »

Les entretiens ont été modifiés pour plus de longueur et de clarté.