décembre 7, 2022

Le Quotidien des lacs

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Les modernistes français des Six Nations sont-ils supérieurs aux anciens maîtres classiques ? | équipe de France de rugby à XV

je‘est il y a seulement trois ans, alors qu’il venait de voir la France perdre une avance de 16-0 contre le Pays de Galles à Paris, que l’ancien Les Bleus le flanker et multiple vainqueur du Grand Chelem Olivier Magne a livré quelques vérités à la maison. « On ne gagnera rien avec la génération actuelle », a-t-il sifflé. « Quand j’entends certains joueurs après les matchs, ce n’est jamais de leur faute. Au premier accroc, ils s’effondrent psychologiquement. Cette génération a trop longtemps été associée à la défaite… elle est profondément traumatisée. »

Magne, nous le savons maintenant, avait raison aux deux tiers. L’équipe nationale de France avait en effet besoin d’un nouveau balai mais, en fin de compte, la clé a été un meilleur entraînement et une gestion des hommes plus intelligente. Demandez à Damian Penaud, Romain Ntamack, Uini Atonio, Paul Willemse, Julien Marchand, Demba Bamba, Grégory Aldritt et Gaël Fickou. Tous faisaient partie de la même équipe le jour du match qui s’est effondrée de manière si spectaculaire en 2019 contre le Pays de Galles. Désormais, ils sont potentiellement des figures charnières dans une équipe de France cherchant à conquérir tous les joueurs lors de la Coupe du monde de rugby de l’année prochaine.

Cela souligne les minces marges séparant un groupe de perdants en série d’une salle remplie de personnages héroïques au bord de quelque chose de spécial. La victoire sur l’Angleterre samedi n’offrirait que le deuxième Grand Chelem français depuis 2005 et leur 10e. Après en avoir récolté quatre en huit ans au tournant du millénaire, la campagne optimiste de la France cette année a mis du temps à venir.

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Comparer ou noter des tournois du Grand Chelem est souvent odieux. La beauté est dans l’œil du spectateur, avec le balayage irlandais de 2018 tout aussi louable que, disons, les gallois de 2012 et 2019. En France, cependant, il y a un débat de salon animé à avoir si Fabien Galthié l’équipe l’emporte ce week-end. Les modernistes du rugby français sont-ils désormais supérieurs aux vieux maîtres classiques ? Ou faudra-t-il des Grands Chelems consécutifs et un triomphe en Coupe du monde pour que l’équipe actuelle soit admise au panthéon ?

Dans l’expérience de Breakdown des équipes championnes de France toutes conquérantes, il y a trois principaux rivaux pour le label du meilleur de tous les temps. Y a-t-il jamais eu de meute plus redoutable, par exemple, que le millésime 1977 qui a tout roulé devant lui, mené par les puissants piliers Robert Paparemborde et Gérard Cholley, avec Jean-François Imbernon et Michel Palmié bloquant la lumière au deuxième rang ? Derrière eux se trouvait le tout aussi massif Jean-Pierre Bastiat au n ° 8 avec Jean-Pierre Rives et Jean-Claude Skrela sur les flancs. L’équipe était tellement installée que les mêmes 15 joueurs ont été utilisés pour tout le championnat.

Enfoui dans les petits caractères, cependant, il y a le fait qu’ils n’ont battu l’Angleterre que 4-3 à Twickenham, l’arrière latéral anglais, Alastair Hignell, ayant raté cinq de ses six tentatives de penalty. Comme Hignell l’a tristement rappelé au Guardian l’année dernière, les Français lui portent encore un toast, même maintenant. « En 2017, un journaliste français est venu m’interviewer… Lorsque l’article est paru, le titre était : ‘Le 16e homme du XV de France !' »

Ensuite, il y a eu l’équipe de 1998, qui a rivalisé avec l’Angleterre de Martin Johnson à Dublin à partir de 2003 en termes de succès convaincant avec lequel ils ont décroché un deuxième Grand Chelem en autant de saisons. Avec Thomas Castaignède au n°10 et Galthié ainsi que l’actuel manager de l’équipe, Raphaël Ibañez, tous deux impliqués, ils ont pris le Pays de Galles à part 51-0 dans une prestation éblouissante à Wembley, après avoir également collé un demi-siècle de points à l’Ecosse.

Depuis, personne n’a réussi des Grands Chelems consécutifs, bien que l’exploit soit arrivé à une période mouvementée de l’histoire du rugby de l’hémisphère nord. L’automne précédent, la France avait perdu 52-10 contre l’Afrique du Sud à Paris, les joueurs européens ne s’étant pas complètement adaptés aux exigences de forme physique du professionnalisme.

Il y a donc un argument selon lequel le Grand Chelem français le plus satisfaisant de tous s’est achevé en 2004 lorsque l’équipe de Bernard Laporte a battu les champions du monde en titre de Clive Woodward, l’Angleterre 24-21 à Paris, après avoir mené 21-3 à la mi-temps. Encore une fois, Magne a été extrêmement influent avec Serge Betsen et Imanol Harinordoquy complétant une formidable ligne arrière. Après le match, Laporte n’a pas pu s’empêcher de lancer une friandise juteuse à la presse anglo-saxonne : « J’ai eu des messages des entraîneurs de Nouvelle-Zélande et d’Australie qui voulaient que nous battions les Anglais », a-t-il déclaré. « Tout le monde en a marre que l’Angleterre gagne… nous avons fait plaisir au monde entier. »

Imanol Harinordoquy, photographié atterrissant contre l’Italie en 2004, faisait partie d’une formidable ligne arrière aux côtés de Serge Betsen cette année-là. Photographie : Christophe Ena / AP

Mais depuis, seule l’équipe de 2010 – Thierry Dusautoir, Sébastien Chabal, Morgan Parra, François Trinh-Duc et consorts – a fait de même. Chaque jour avant le match contre l’Angleterre, lors de leur trajet en bus vers l’entraînement, ils ont chanté I Gotta Feeling de Black Eyed Peas (« Ce soir ça va être une bonne nuit… ») mais ont également eu un entraîneur de défense bourru, Dave Ellis, pour les garder sur le droit et étroit. L’année suivante, ils ont atteint la finale de la Coupe du monde, ratant les All Blacks à Auckland d’un seul point.

Cependant, peu des équipes susmentionnées possédaient l’équilibre enviable que la France a maintenant. Ntamack et Penaud menacent d’avoir des carrières de test encore plus illustres que leurs célèbres pères Émile et Alain, tandis que Melvyn Jaminet marque des buts avec la même précision que Jonny Wilkinson. À l’avant, à leur meilleur, l’interpassage habile entre les attaquants est merveilleux à voir tandis que les oscillations de l’alignement de Cardiff étaient d’autant plus remarquables pour leur rareté.

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Et nous n’avons même pas mentionné leur cheville ouvrière, Antoine Dupont, qui cherchera à rappeler aux jeunes demi-arrières anglais la hiérarchie européenne actuelle. Rien n’est garanti sur le week-end de conclusion d’un Tournoi serré mais cette jeune équipe française pourrait bientôt faire de l’ombre à quelques noms illustres.

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