mai 26, 2022

Le Quotidien des lacs

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Même la France se ressaisit grâce au capitalisme anglo-saxon

Alors, comment la France a-t-elle réussi cela ? L’économiste américain Paul Krugman a présenté la surperformance française comme un exemple des avantages d’un haut niveau d’intervention de l’État. Il a un point, mais pas un point fort.

La nature inhabituelle de la pandémie, alors qu’une grande partie de l’économie de marché était fermée, était toujours susceptible de flatter des pays comme la France (ou la Chine) où l’État était déjà dominant. Même en 2019, les dépenses du gouvernement français représentaient plus de 55% du revenu national – les plus élevées d’Europe – contre environ 40% au Royaume-Uni.

La pandémie a également joué sur les atouts de la fonction publique française, qui est dominée par une élite technocratique issue de l’École nationale d’administration et des grandes écoles de commerce. Les agents publics et les cadres privés viennent d’horizons similaires, évoluant souvent sans heurts entre les deux secteurs.

Dominic Cummings aurait peut-être eu moins de problèmes à faire avancer les choses s’il avait travaillé à l’Elysée, plutôt qu’au n°10.

Cependant, il y a quelques grandes mises en garde. Pour commencer, il est un peu étrange que des francophiles américains, comme Krugman, présentent la France comme un exemple que les États-Unis devraient suivre, alors que la reprise économique aux États-Unis a été encore plus forte ; Le PIB américain était supérieur de plus de 3% au quatrième trimestre de l’année dernière à son niveau d’avant Covid.

La France a fait mieux que les États-Unis en matière d’emploi. Mais de nombreux autres pays – dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Australie – ont choisi de protéger les emplois avec des régimes de congé plutôt que de simplement compléter les prestations versées aux chômeurs. Il n’y a rien de particulièrement gaulois ici.

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Plus important encore, ce qui fonctionne un peu mieux pendant une crise qui ne se produit qu’une fois par génération n’est pas nécessairement le meilleur modèle en temps plus normal. Ici, les problèmes de l’approche française sont beaucoup plus clairs.

L’un est la persistance de taux de chômage élevés, en particulier chez les jeunes. La productivité française apparaît bonne en partie parce que seules les personnes les plus productives parviennent à trouver du travail.

Une autre est que le lourd fardeau de la fiscalité et de la réglementation dissuade les entreprises mondiales d’investir en France et rend la vie particulièrement difficile aux petites et moyennes entreprises. Une poignée de grandes entreprises prospèrent, mais de nombreux commentateurs français regardent avec envie le Mittelstand allemand ou les atouts du Royaume-Uni en matière de FinTech.

Les finances publiques françaises sont également en plus mauvais état et vont s’aggraver avec le vieillissement de la population. Le gouvernement semble prêt à continuer à dépenser plus de la moitié du revenu national dans un avenir prévisible, avec une dette bien supérieure à 100% du PIB.