décembre 7, 2022

Le Quotidien des lacs

Retrouvez ici toutes les dernières actualités et reportages sur la FRANCE. Manchettes, politique et culture en français sur Le Quotidien des lacs

Seule la Grande-Bretagne peut sauver la France de la domination allemande

La Grande-Bretagne et la France sont-elles à l’aube d’une nouvelle Entente cordiale ? On rapporte que la France sera la destination de la première visite d’État du roi Charles, et à New York cette semaine, Liz Truss et Emmanuel Macron ont pris une pause de l’Assemblée générale des Nations Unies pour 30 minutes de pourparlers « constructifs ».

Nombreux sont ceux en France qui aspirent à une relation plus étroite avec la Grande-Bretagne et, en même temps, à un découplage progressif avec l’Allemagne.

J’ai écrit en avril de l’année dernière sur le scepticisme croissant des Français envers l’Allemagne ; comment, selon les mots d’un magazine d’actualité, la France a été pendant des décennies « escroquée » économiquement par son voisin de l’Est.

Rares étaient les politiciens qui le soulignaient. Une exception, Marine Le Pen, critique de longue date de l’Allemagne, a déclaré en 2021 que si jamais elle devenait présidente, elle demanderait le « divorce » du couple franco-allemand en faveur de l’établissement d’une relation plus étroite avec la Grande-Bretagne.

La sienne n’est plus une voix isolée car la crise de l’énergie a pris le courant du scepticisme français.

Il y a douze mois, le groupe de réflexion européen, l’Institut Jacques Delors, a publié un document d’orientation faisant l’éloge de la stratégie énergétique allemande de énergiewende (redressement énergétique). Le document concluait qu’en rejetant l’énergie nucléaire, « l’Allemagne parachève ainsi avec succès le « tournant énergétique » entamé il y a plus de 20 ans ».

Quiconque a osé défier cette orthodoxie a été moqué, comme Donald Trump était à l’Assemblée générale des Nations Unies en 2018 lorsqu’il a averti les Allemands qu’ils commettaient une grave erreur en devenant « totalement dépendants de l’énergie russe ». Comme le Poste de Washington rapporté, la réaction parmi la plupart des délégués était une réaction de gaieté et le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas « pouvait être vu sourire aux côtés de ses collègues ».

READ  « Plus léger, plus rapide ! » - Bradley Wiggins soutient Filippo Ganna pour remporter le contre-la-montre du Tour de France sur le nouveau Pinarello

La semaine dernière, Olivier Marleix, le leader des Républicains de centre-droit à l’Assemblée nationale, a écrit une tribune dans Le Figaro qui a saccagé la politique énergétique de l’Allemagne et a également reproché à Emmanuel Macron de l’avoir acceptée.

Marleix a exprimé sa colère face à la proposition de la présidente de l’UE Ursula von der Leyden plus tôt ce mois-ci d’introduire un plafond de prix pour les pays qui produisent des énergies renouvelables, hydroélectriques et nucléaires, et dont les coûts de production sont inférieurs à ceux des centrales au charbon et au gaz. Ce prélèvement sur les revenus subventionnerait les États membres qui doivent acheter du gaz pour produire de l’électricité, comme l’Allemagne. « Taxer les bons interprètes pour redonner aux mauvais interprètes est une idée surprenante », a fait remarquer un Marleix sardonique.

Prenant une position opposée à celle de l’Institut Jacques Delors, Marleix a déclaré que l’Allemagne n’avait qu’à s’en prendre à elle-même car, pendant de nombreuses années, elle avait fait une série de « mauvais choix » concernant sa stratégie énergétique.

Marleix est une protégée de l’ancien président Nicolas Sarkozy, partisan de l’énergie nucléaire pendant son mandat. En septembre 2007, peu après avoir été élu président, Sarkozy a rencontré Angela Merkel à Berlin où il a conseillé à la chancelière de ne pas abandonner l’énergie nucléaire allemande. « On ne peut pas rester en Europe dans une situation où, dans un siècle, il n’y aura plus de gaz, où dans 30 ou 40 ans, il n’y aura plus de pétrole », a déclaré Sarkozy. « Personne ne peut imaginer que les éoliennes seront utilisées pour alimenter toute l’Europe. »

Sarkozy voulait que la France et l’Allemagne « aient des ambitions énergétiques dans la même direction », mais ses avancées ont été stimulées par Merkel. En effet, quatre ans plus tard, la chancelière a accéléré la suppression progressive des 17 réacteurs nucléaires allemands, tout en lançant en même temps une campagne pour faire pression sur la France pour qu’elle emboîte le pas.

READ  La France annule le sommet sur la sécurité avec le Royaume-Uni alors que le crash du sous-marin se poursuit

Cette stratégie a été mise à nu dans un livre récent publié par Bernard Accoyer, un ancien député républicain qui a été président de l’Assemblée nationale sous Sarkozy. Sous-titré « La tentative de saborder l’industrie nucléaire française », le livre décrit comment le programme d’énergie nucléaire de la France, lancé en 1974 sous le président Georges Pompidou, lui a donné non seulement une électricité bon marché pour les ménages et les entreprises, mais un avantage concurrentiel sur l’Allemagne.

Cela a été ressenti par Merkel qui – avec le soutien de Bruxelles et des Verts français – a conspiré pour introduire une législation visant à réduire la domination d’EDF sur le marché européen de l’électricité en l’obligeant à vendre un quart de sa production d’électricité nucléaire à ses concurrents à des prix cassés. « Tout le monde sait que l’Allemagne cultive l’art d’utiliser les institutions européennes pour accroître son influence et développer son efficacité », écrivait Accoyer.

S’ils ont pu s’en tirer, c’est grâce à la servilité des successeurs de Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, « qui s’efforcent d’imiter une stratégie énergétique allemande qui sert les intérêts de Berlin mais nuit aux nôtres ».

Macron pense que la proposition de plafonnement des prix est une bonne idée. « Nous ferons preuve de solidarité [with Germany] en renforçant nos échanges de gaz et d’électricité », a-t-il tweeté le 5 septembre. « Nous défendrons la mise en place d’un mécanisme européen qui impliquera des producteurs d’énergie dont les coûts de production sont bien inférieurs au prix du marché.

Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz ont conclu un accord selon lequel à partir du mois prochain, la France enverra 5% de ses réserves de gaz à l’Allemagne pendant l’hiver et en retour, ils recevront de l’électricité de leur voisin. La France ne devrait pas avoir besoin d’électricité de l’Allemagne mais 32 de ses 56 réacteurs nucléaires ne fonctionnent pas, et l’une de ses principales centrales, Fessenheim, a été fermée par Macron en 2020 avec les encouragements de l’Allemagne. La ministre allemande de l’Environnement de l’époque, Svenja Schulze, a déclaré que la fermeture rendrait l’Allemagne « plus sûre » et elle a promis de continuer à faire pression sur la France pour qu’elle supprime progressivement tous ses réacteurs, affirmant que « l’énergie nucléaire n’est pas un sauveur du climat ».

READ  Coupe du monde 2022 - Tunisie vs France : diffusion GRATUITE, chaîne de télévision, heure du coup d'envoi et nouvelles de l'équipe pour le grand affrontement

La guerre en Ukraine a révélé d’autres fissures dans la relation franco-allemande. En juin, l’économiste Bruno Alomar et le sénateur républicain Cédric Perrin ont écrit une tribune dans Le Monde dans laquelle ils ont accusé l’Allemagne d’agir unilatéralement en annonçant son engagement à augmenter les dépenses de défense de 100 milliards d’euros.

Non pas que ce soit la première fois que l’Allemagne prenne une décision sans consulter ses partenaires de l’UE, notent les auteurs, citant comme autres exemples récents la décision de sortir progressivement de l’énergie nucléaire et sa politique migratoire en 2015 qui « a repoussé une frange décisive de la population britannique ». . vers le Brexit. »

Comme Marine Le Pen, Alomar et Perrin ont conclu que le couple franco-allemand a fait son temps et qu’il est temps que la France se tourne vers d’autres partenaires européens. Par quoi ils entendent la Grande-Bretagne.

Ce n’est plus la perfide Albion dont les Français se méfient, mais la perfide Allemagne.