Chronique automobile : Chevreuils et orignaux, le danger mortel de la « grande séduction »
Novembre est à nos portes, et avec lui s’amorce la saison des amours pour les grands cervidés. Dans notre région, particulièrement sur des axes routiers entourés de boisés comme la route 112 ou la 267, cette période de rut multiplie considérablement le risque de collisions avec des chevreuils ou des orignaux. Voici comment réagir au volant et ce qui vous attend du côté des assurances en cas d’impact.
Une faune imprévisible et active
De la fin octobre jusqu’à la fin novembre, les cerfs de Virginie (chevreuils) et les orignaux sont en pleine période d’accouplement. Aveuglés par leurs instincts, ils se déplacent beaucoup plus, traversent les routes de façon erratique et sont particulièrement actifs à l’aube et au crépuscule. La vigilance doit donc être doublée, surtout dans les zones identifiées par les panneaux jaunes de signalisation. Gardez toujours à l’esprit qu’un chevreuil voyage rarement seul : si vous en voyez un traverser, attendez-vous à ce que d’autres suivent de près.
Le bon réflexe : freiner droit et ne pas dévier
Lorsqu’une bête imposante surgit soudainement dans la pénombre, l’instinct premier du conducteur est souvent de donner un brusque coup de volant pour l’éviter. C’est la pire erreur à commettre. Faire une embardée risque de vous faire perdre complètement la maîtrise de votre véhicule, de vous envoyer dans un fossé, de percuter un arbre ou, pire encore, de frapper un véhicule qui arrive en sens inverse. Les conséquences d’une embardée sont souvent beaucoup plus graves et mortelles que l’impact avec l’animal lui-même.
Les experts en sécurité routière sont catégoriques : si l’impact est inévitable, vous devez freiner fermement et maintenir votre trajectoire en gardant le volant bien droit. Une astuce de conduite avancée consiste à relâcher légèrement les freins une fraction de seconde avant l’impact ; cela permet de relever le nez du véhicule et de réduire le risque que l’animal (particulièrement un orignal, haut sur pattes) ne bascule directement dans le pare-brise.
Ce que couvre réellement votre assurance automobile
Si l’inévitable se produit et que la tôle est froissée, qui paie la facture ? Frapper un animal sauvage n’est pas considéré comme un accident responsable standard.
Toutefois, les dommages causés à votre véhicule seront couverts uniquement si vous détenez une protection optionnelle pour les dommages matériels, communément appelée « accident sans collision ni versement » (Chapitre B3) ou « tous risques ». Si vous ne possédez qu’une assurance de base, souvent appelée assurance « d’un bord » (responsabilité civile seulement), vous devrez malheureusement assumer l’entièreté des frais de réparation de votre poche.
Point important : bien que cet incident ne soit pas comptabilisé comme un accident responsable au sens strict (il n’affectera généralement pas votre prime au renouvellement de la même façon), vous devrez tout de même payer la franchise (le déductible) applicable à votre contrat avant que l’assureur ne prenne le relais.
La prudence et la réduction de la vitesse demeurent vos meilleures polices d’assurance sur nos routes régionales cet automne.

