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ENTREVUE AVEC MARIE-LISE PILOTE PAR MARJORIE FUGÈRE ET BYANCA THIVIERGE

21 avril 2014 | par Tommy Gauthier
ENTREVUE AVEC MARIE-LISE PILOTE PAR MARJORIE FUGÈRE ET BYANCA THIVIERGE
Socio-culturel
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Nous vous présentons une entrevue exclusive réalisée par Marjorie Fugère et Byanca Thivierge dans le cadre du «Poly Express» de la polyvalente de Thetford Mines:

Connaissez-vous la talentueuse Marie-Lise Pilote? En février dernier, nous avons eu la chance de rencontrer cette humoriste et animatrice.Nous avons pu lui poser quelques questions afin d’en apprendre davantage sur elle.

Quand avez-vous su que c’était le métier d’humoriste que vous vouliez faire?

Marie-Lise : Je ne l’ai pas su tout de suite, en fait je ne l’ai jamais su, ça s’est fait tout seul. Plus jeune, j’ai commercé à faire de l’improvisation. Par la suite, avec mes amis, nous avons commencé à faire du «stand up» (des petits spectacles d’humour). C’est vraiment à ce moment que j’ai su que j’aimais faire rire les gens, donc c’est devenu mon métier.

En quoi consiste votre métier?

M-L : Bien sûr, faire rire les gens! Par contre, ce n’est pas que cela, je me dois de travailler très fort. Je travaille avec différents auteurs et différentes personnes. J’adore cela! Mon métier consiste aussi à faire des tournées et des promotions. Je dois faire des entrevues pour la radio, la télévision, aller faire des parutions dans quelques émissions, même si nous ne parlons pas de mes spectacles. Le fait que les gens me voient et entendent parler de moi les incite à venir me voir. Donc, voilà en quoi mon métier consiste en gros!

Combien de temps prenez-vous pour écrire un numéro d’humour?

M-L : C’est différent d’un numéro à l’autre, il y en a qui vont s’écrire très rapidement et d’autres qui sont très laborieux, où nous devons changer plusieurs choses pour obtenir le meilleur numéro possible. Alors, je vous dirais que cela dépend : y’en a qui sont énormément longs à écrire et d’autres qui sont très vite. Moi, mon truc, c’est de faire des «brainstorming!» On s’assoit, moi et mon équipe, je lance un sujet dont j’ai envie de parler, parce que moi, je parle toujours de sujets qui me rejoignent. C’est beaucoup plus facile à dire sur scène et je me dis que si je parle de sujets qui m’intéressent, je vais réussir à capter mon auditoire. Alors c’est ça, on s’assoit, on lance toutes les idées qui nous passent par la tête on prend des notes, on s’enregistre. Par la suite, la personne qui s’est sentie le plus interpellée par le sujet et les idées part avec le tout et écrit un numéro. Après quelque temps, on se rassemble et je lis tous les textes qui ont été écrits à voix haute à mon équipe et on dit ce qu’on aime le moins et le plus, par la suite on retravaille le texte pour qu’il soit le plus parfait possible. Et voilà comment s’écrit un numéro.

Quels sont vos trucs pour apprendre vos textes?

M-L : Moi, je suis très visuelle. Alors, je lis mon texte une première fois sans arrêter. Par la suite, je retiens -chaque premier mot de chaque paragraphe, donc en sachant le premier mot quand je le dis en spectacle le reste du paragraphe me revient en mémoire tout seul! Après avoir lu mes textes, je sors faire quelque chose que j’aime, comme du jardinage par exemple, ça me permet de me donner une petite pause, de m’évader et quand je suis reposée, je retourne à ma lecture de textes, c’est beaucoup plus facile à apprendre!

Est-ce que votre tournée se passe bien jusqu’à maintenant?

M-L : Oui, très bien, j’ai beaucoup de plaisir! J’ai été absente de la scène pendant 13 ans, j’ai fait autre chose. Et me voilà de retour sur la scène, elle m’avait manqué! Dans mes spectacles, je peux avoir un accès direct avec mon public, je peux parler aux gens et ils me répondent, ce qui n’est pas le cas avec la télévision, par exemple.

Qu’est-ce qui est le plus dur dans votre tournée?

M-L : Le plus dur, quand je suis en tournée, c’est l’attente avant mes spectacles. D’habitude, j’arrive aux alentours de 17 h et mes spectacles commencent aux alentours de 20 h. Même si je m’apporte quelque chose pour attendre que le spectacle commence, c’est toujours très long. C’est pour cette raison que j’aime accorder des entrevues, par exemple comme avec votre journal étudiant, ça me fait passer le temps!

Avez-vous une anecdote à nous raconter?

M-L : J’ai toujours fait monter des garçons sur la scène lors de mes spectacles. Je leur dis qu’ils ont besoin de réconfort et je les invite à monter sur scène en leur disant que je vais les réconforter. Alors, un jour, l’homme que j’ai interpellé pour monter sur scène était handicapé. Il avait un tout petit bras et il «bouettait». C’est alors que je lui ai demandé s’il était correct pour monter sur la scène et il m’a dit que oui. Ce n’est pas évident quand une situation comme celle-là arrive. On se demande si les gens vont penser que je l’ai invité sur scène pour rire de lui… Ce qui n’est vraiment pas mon but. Cela ne m’a pas mis du tout mal à l’aise, que ce soit une personne handicapée. Je l’ai aidé à monter sur scène en disant : Ah non, pas un handicapé!! Et il a commencé à rire! Je l’ai agacé avec ça et on dirait que j’ai comme désamorcé le fait qu’il soit handicapé. Ce n’était pas parce qu’il était handicapé que je ne pouvais pas l’agacer lui aussi, ces gens sont capables de rire d’eux-mêmes! Ça m’est arrivé aussi d’oublier mon texte et que mon micro ne fonctionne plus. Ah oui!! Un jour, je faisais un spectacle et l’alarme de feu s’est mise à sonner. Alors, nous devions sortir à l’extérieur, mais les gens ne voulaient pas, puisqu’ils pensaient que je faisais une blague. Donc, les pompiers ont dû monter sur scène, pour dire au public que ce n’était pas une blague, qu’il fallait bel et bien sortir!

En quoi consiste votre spectacle?

M-L : Mes numéros parlent de sujets qui m’intéressent. Je me dis toujours que si ça m’intéresse, je vais réussir à intéresser mon public. Je ne suis pas capable de mentir sur scène, je trouve ça plate, il faut que tu assumes ce que tu dis! Alors, j’avais envie de parler de voyage parce que j’aime voyager, je voulais aussi parler des amis, je voulais parler des métiers traditionnels masculins. Pour moi, c’est important de pousser les filles à faire ces métiers-là pour gagner leur vie. Parce que ce sont des métiers plus payants! Je voulais aussi parler de la chirurgie esthétique, des sports parce que je n’aime pas le sport! De la place de la femme dans l’église, des dons parce que pour moi, nous sommes tous nés avec un don, par exemple selon moi, j’ai celui de réconforter les gens.  En gros, c’est de ça que mon spectacle parle.

Avez-vous un rituel avant vos spectacles?

M-L : Oui, je sers toujours Rémi dans mes bras (c’est mon technicien) et on se dit bonne chance, nous faisons cela au début de la première et de la deuxième partie du spectacle. Pour ce qui est de mon rituel à moi, dans ma loge, je demande toujours à faire du bien aux gens, de les faire rire, de leur faire du bien.

Dans un autre registre, comment avez-vous été approchée pour faire l’émission Ma maison Rona?

M-L : Le producteur m’a téléphoné, il avait le choix entre deux animateurs, un garçon et une fille et il voyait plus une fille pour animer cette émission. Il voyait que mon nom était sur la liste. Je ne savais même pas que mon nom était là, c’était un producteur qui me connaissait qui a donné mon nom. Il s’est dit « Ah! Je verrais Marie-Lise là! » J’ai trouvé ça amusant, j’ai toujours aimé faire des rénovations et bricoler. J’ai dit oui! Et au bout de quelque temps, moi et le producteur sommes tombés en amour. Et c’est mon amoureux depuis ce temps-là! Ça fait maintenant 10 ans que nous sommes ensemble.

Qu’est-ce que vous avez aimé le plus en faisant cette émission?

M-L : J’ai beaucoup aimé le contact avec les caméras et les familles, car ces derniers voulaient réussir et ça permettait aux couples d’avoir leur maison, je trouvais ça cute… Ce n’est pas comme Occupation double, ça, ce n’est pas la vraie vie. Mais dans Ma Maison Rona, même si on perd, on gagne quelque chose! »

Qu’est que vous avez aimé le moins en faisant cette émission?

M-L : À la fin de la saison, lorsqu’on faisait l’extérieur et qu’il fallait que je monte sur le toit des maisons, parce que j’ai un vertige épouvantable. J’avais toujours un gros torticolis après. Je pense que c’était psychologique mon affaire. Aussi, dans cette émission, ce n’est pas la même chose, on n’apprend pas de texte. C’est comme de petits paragraphes avec un aide-mémoire à court terme… Au bout de deux heures, tu t’en souviens déjà plus, tu ne le gardes pas en mémoire comme les textes que j’apprends pour mes spectacles. Tu dois tout apprendre vite, vite et que ce soit bien mémorisé.

Envisagez-vous une future carrière à la télévision?

M-L : J’aimerais refaire de la télévision. C’est sûr que je vais faire d’autres spectacles, mais j’aimerais ça. J’ai travaillé sur deux projets que j’ai proposés aux stations de télévision, par contre nous sommes toujours dépendantes d’eux. C’est eux qui décident si notre projet est accepté. Ce qui est difficile, aussi, c’est de trouver une place pour la diffusion de cette émission. J’ai deux projets qui sont soumis et j’espère qu’ils seront choisis!

Si vous n’aviez pas fait ce métier, qu’auriez-vous fait?

M-L : J’aurais aimé faire les beaux-arts en art visuel des sculptures.

Quel est votre plus grand rêve?

M-L : Mon plus grand rêve serait de faire un rassemblement de femmes. Je trouve que les filles ne se tiennent pas assez les coudes. Elles ne s’encouragent pas, elles se parlent dans le dos. Les garçons, eux, sont  solidaires et je me suis toujours dit qu’on doit apprendre cela parce que quand les femmes vont avoir une voix plus forte, elles vont faire de grandes choses, peut-être moins de guerres, moins de quêteurs dans les rues, moins de misère, etc. Enfin on pourra former une grande équipe!

Quels sont vos plans futurs?

M-L : Bien sûr mes deux projets de télévision, des spectacles, je vais probablement animer Un grand rire à Québec, j’ai un petit voyage en mars, des vacances, peut-être de la radio et peut-être une sculpture à faire en été!

Merci à Marie-Lise Pilote pour son temps. Pour tous les détails de sa tournée, rendez-vous au http://marielisepilote.com/tournee.

Source : Entrevue de  Marjorie Fugère et Byanca Thivierge

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