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JOURNÉE NATIONALE DE COMMÉMORATION ET D’ACTION CONTRE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES

28 novembre 2013 | par Tommy Gauthier
JOURNÉE NATIONALE DE COMMÉMORATION ET D’ACTION CONTRE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
Communautaire
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Le Centre femmes La Rose des Vents et Se parler… D’Hommes à Hommes, en collaboration avec la Table de concertation en violence conjugale de L’Amiante souligneront de façon particulière la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, le 6 décembre, en proposant différentes activités susceptibles de rejoindre principalement les jeunes, mais aussi la population en général, sous le thème : Ensemble, dénonçons la violence.

Tout d’abord, afin de rejoindre les jeunes, il y aura une distribution massive de signets et du ruban blanc -symbole de la mobilisation contre la violence faite aux femmes- en plus d’une lanière porte-clés où apparaîtra le thème retenu cette année dans la région. Les organismes visiteront les trois polyvalentes du territoire (Black Lake, Disraeli et Thetford Mines), les centres d’éducation des adultes L’Escale de Thetford Mines et Marius-Ouellet de Disraeli et le A.S. Johnson Memorial School de Thetford Mines.

« Nous avons choisi d’inclure le porte-clés à notre distribution de signets, explique la coordonnatrice du Centre femmes La Rose des Vents, Nancy Gosselin, car nous avons constaté un peu partout que les jeunes portent régulièrement ce type d’objet suspendu à leur cou. Ce qui nous donne l’assurance que le message sera visible au-delà d’une seule journée et qu’il sera vu dans les familles ou lors de sorties entre amiEs.

Quant aux adultes, poursuit Mme Gosselin, ils seront joints lors d’un barrage routier organisé en collaboration avec la Sûreté municipale, de 11 h 00 à 12 h 00 sur la rue
Ste-Marthe, entre Jalbert et Simoneau ». Au total, on prévoit distribuer 2500 porte-clés et 6000 signets et rubans.

Les jeunes plus à risque qu’on pense

Madame Sophie Des Rosiers Gagné, agente de liaison et intervenante de l’organisme Se parler… D’Hommes à Hommes explique à son tour que l’idée de rejoindre principalement les jeunes repose sur la prémisse que la violence conjugale les concerne directement.

Pour appuyer ses dires, il cite les statistiques portant sur la criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec du ministère de la Sécurité publique, publiées en 2011**.« Le rapport, souligne Mme Des Rosiers Gagné, fait état que les victimes étaient majoritairement des femmes (81 %), comme on s’en doutait certainement, mais ce qui peut surprendre c’est qu’en 2011, le taux d’infractions par 100 000 habitants progresse dans quelques groupes d’âge, surtout celui des jeunes de 12 à 17 ans (9 %, plusieurs étaient victimes d’agressions sexuelles). Ce groupe d’âge affiche d’ailleurs la plus forte hausse du taux d’infractions pour la période de 2002 à 2011. Malgré ces variations annuelles, les infractions dans un contexte conjugal sont principalement perpétrées à l’endroit des 18 à 24 ans, leur taux par 100 000 habitants atteignant 622,1.

Parmi les différents facteurs présents en situation de violence conjugale chez les jeunes, on peut noter que le désir de contrôler est encore très présent chez plusieurs garçons : « J’aime pas tes amiEs », « Si tu m’aimes, tu vas le faire. » Les médias sociaux, les IPhones et autres gadgets électroniques participent aussi, d’une autre manière, à l’exercice du contrôle et de certaines formes de violence. On s’aperçoit ainsi que la violence vécue dans les couples adolescents ressemble beaucoup à celle qui se vit dans les couples adultes.

Madame Des Rosiers Gagné insiste donc sur le fait qu’à la lumière de ce qui ressort, si l’on souhaite des relations plus harmonieuses pour nos jeunes, il faut qu’on leur propose des modèles de rapports égalitaires entre les filles et les garçons.

La violence conjugale en chiffre au Québec

Les conjointes, qui forment 45 % de toutes les victimes, sont en proportion plus nombreuses à subir des infractions susceptibles de causer des blessures ou la mort. En effet, elles composent 75 % des victimes d’homicide, 67 % des victimes de voies de fait de niveau 3 (les voies de fait de niveau 3 blessent, mutilent, défigurent la victime ou mettent sa vie en danger), 64 % des victimes de tentative de meurtre. Elles sont aussi très présentes parmi les victimes de voies de fait de niveau 1 (le fait de tenter d’employer ou d’employer la force contre une personne, sans son consentement) et de niveau 2 (voies de fait avec une arme ou causant des lésions corporelles).

Les ex-conjointes sont pour leur part davantage représentées parmi les victimes d’appels téléphoniques indécents ou harcelants (73 % comparativement à 37 %), de harcèlement criminel (71 %), d’intimidation (62 %) et de menaces (58 %).

Quant aux amis et ex-amis intimes de la victime, qui composent 18 % de toutes les victimes, ils sont davantage présents parmi les victimes d’enlèvement (47 %) et d’agression sexuelle (39 %).

Dans ce même rapport, on indique que les corps policiers ont enregistré au total
19 373 infractions contre la personne* commises dans un contexte conjugal, c’est-à-dire par une personne conjointe, ex-conjointe, amie intime ou ex-amie intime de la victime.

Il faut noter aussi comme le précise encore Madame Des Rosiers Gagné que « ces statistiques ne reflètent qu’une infime partie de la criminalité, soit celle signalée ou connue des autorités policières et enregistrée dans les dossiers officiels. »

Et chez nous
Notons enfin, que même si la région Chaudière-Appalaches affiche l’un des taux les plus bas du Québec (avant-dernier rang) en matière d’infractions dans un contexte conjugal : 185 par tranche de 100 000 habitants, celui-ci a augmenté de 11 % entre 2011 et 2012, ce qui place la région au troisième rang pour le pourcentage d’augmentation, derrière le Centre du Québec 17, 4 % d’augmentation et le Nord-du-Québec 42, 7 %, selon des données publiées en novembre 2013 sur le site de la Sécurité publique***.

En parler
Quelle que soit la forme de violence, il faut en parler. La peur, la honte ou la gêne peuvent maintenir les femmes et les filles victimes de violence dans l’isolement. Il est tout aussi important de briser le mur du silence, de se confier et d’aller chercher de l’aide. Cela s’applique aux victimes, à l’homme qui exerce la violence en contexte conjugal et familial et aux témoins.

Si la clé c’est en parler, il est aussi essentiel de bien écouter ces mêmes personnes nous confier qu’elles vivent une situation de violence conjugale. Ne pas juger et comprendre qu’il faut une bonne dose de courage pour parler malgré la gêne, l’humiliation et la peur. Il est aussi essentiel de respecter le rythme de chaque personne qui cherche à reprendre le contrôle sur sa vie; ce qui n’est pas chose facile. La MRC des Appalaches compte sur plusieurs ressources qui peuvent aider les personnes à y arriver (voir dépliants inclus dans la pochette).

Les infractions contre la personne considérées dans le rapport sont les homicides, les tentatives de meurtre, les voies de fait, les agressions sexuelles, les enlèvements, les séquestrations, le harcèlement criminel, les menaces et, depuis 2008, les appels téléphoniques indécents ou harassants et l’intimidation.

Source : Mario Dufresne

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