Partager la publication "LAGO TITICACA – ISLAS UROS, AMANTANÍ Y TAQUILE. ( CHRONIQUE VOYAGE AVEC MATT )"
28 et 29 février 2014.
3900 mètres.
Un monde à part.
Une mer d’eau douce au milieu des Andes.
Partagé entre le Pérou et la Bolivie, 8372 kilomètres carrés d’eaux turquoises, d’îles, de modes de vie tout aussi différents les uns des autres. Le lac Titicaca est réellement un paradis sur terre unique en son genre.
Au départ de Puno, visite de l’une des îles Uros, îles littéralement flottantes uniquement situées dans la baie de Puno. Il y a plus de 500 ans, les Uros parlaient Uro ou Pukina, mais a force d’échanger et de commercer avec les Aymaras, ils finirent par adopter leur langue et partager leur culture. Malgré tout, les îles Uros sont toujours bien existantes et relativement peu de changements ont été effectués dans leur mode de vie, si ce n’est que certains bateaux a moteur, quelques panneaux solaires, quelques écoles sur les plus grandes îles, etc.
C’est réellement un mode unique, un mode de vie tout aussi unique, des gens auto-suffisants vivant principalement de la Totora, cette tige avec laquelle ils construisent les maisons, en mangent la base avant la racine, forment le sol des îles, etc.

Départ pour la Isla Amantaní, +/- 6600 habitants.
Encore une fois, un monde complètement à part. Amantaní, une île sans électricité, sans armée, sans police, sans chien, sans voiture, un silence incroyable comme rarement nous n’avons la chance d’en avoir.
Une nuit chez l’habitant, parlant majoritairement Quechua. Un moment agréable passé avec ces gens sympathiques, souriants, simples et chaleureux. La nuit venue, il est extrêmement difficile de pouvoir se repérer sur Amantaní, j’ai d’ailleurs eu un moment d’incertitude pour retrouver ma maison à la descente du temple de Pachamama.

À la nuit tombée, un vent incroyable s’est mit à souffler sur l’île. Mais quel bonheur de manger dans cette petite pièce d’adobe, avec 2 chandelles et le feu de bois, accompagné de la petite famille.
« Ce fut un moment comme rarement j’en ai vécu dans ma vie. D’une profonde tranquillité, un détachement total du monde dit « développé » dans lequel nous croyons vivre.
Où notre auto-destruction par le stress, l’incompréhension de nos propres besoins, la dépression, la recherche de réponses à la légitimité de cette société complètement dysfonctionnelle et égocentrique nous oppressent constamment. »

Le lendemain, direction la Isla Taquile, +/- 2200 habitants.

Cette île fut une prison durant la colonisation espagnole. Les habitants y parlent également majoritairement Quechua. Elle ne compte également ni voiture, ni police, ni armée, puis la communauté se gère d’elle-même à 100% tout comme elle gère le tourisme.
Elle est complètement différente d’Amantaní tout en se ressemblant étrangement. La forme de l’île est tout autre, un chemin de pierre en fait presque le tour complet, se terminant par une descente de quelques 540 marches. Cette découverte fut plutôt brève mais intéressante, vraiment, à voir!
Retour à Puno, avec beaucoup d’incertitudes et de remises en question sur la vie. Puno, ne sais-je pourquoi, m’a plutôt attristée et j’avais une envie intense de la quitter. Peut-être simplement à cause d’un incroyable coup d’insolation dû au soleil, à l’altitude et au fort vent des 2 derniers jours. Ou plutôt, à un mélange de nostalgie face à ma propre existence et à ces différentes réalités de vie qui me semblent beaucoup plus justes et honnêtes pour l’humain que ce capitalisme effréné imposé, détruisant les valeurs humaines encore si présentes là où elles ne furent pas encore écrasées à coup de climat de peur éternel, de manipulation d’information et de lavage de cerveau médiatique.
Malheureusement, la frontière Pérou/Bolivie fermant en début de soirée, il était beaucoup trop tard pour pouvoir quitter vers La Paz, je devais donc attendre le lendemain matin, en profitant pour prendre un peu de repos.
Mañana, Bolivia.
Source : http://mattgregoirefoto.com/