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HISTOIRE ET ORGANISATION SOCIALE – PORTRAIT DE DISRAELI PARTIE 2

11 juillet 2013 | par Tommy Gauthier
HISTOIRE ET ORGANISATION SOCIALE – PORTRAIT DE DISRAELI PARTIE 2
Chronique du Prof
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Histoire et organisation sociale

Disraeli a été fondé en 1904 en tant que village de Disraeli. Par la suite, le nom a changé pour Disraeli. Le nom a été choisi en l’honneur du premier ministre du Royaume –Uni Benjamin Disraeli.[1] Cet homme politique a été au pouvoir de 1805 à 1880.[2] C’est en 1969 que le statut de Disraeli a été changé pour passer de celui de village à celui de la ville en raison de l’essor qu’elle connaissait. Les premiers occupants seraient arrivés vers la fin des années 1850. Les Eastern Townships s’ouvraient alors aux Canadiens français et les Seigneuries de la vallée du St-Laurent permettaient l’établissement des populations sur les terres inoccupées.[3] Frédéric Dawson et Olivier Miray seraient les premiers à s’être installés dans la région en 1855 et 1857 respectivement. Leurs établissements seraient aux environs du Lac Breeches, cependant on n’a aucune trace de la venue de ces 2 prédécesseurs. C’est en 1868 que John Champoux démarre le processus de développement de Disraeli. Âgé de seulement 16 ans, il trouve le site des Bull’s Head Falls qu’on nomme aujourd’hui les chutes de Champoux. Cet élément naturel lui semble propice à l’établissement d’un moulin à scie. Il procède alors à l’achat de droit d’exploitation d’électricité.  L’idée d’un moulin de Champoux se concrétise en 1870 lorsqu’il construit en association avec ses frères, un moulin près des chutes qui portent désormais son nom. L’économie de Disraeli est orientée par la compagnie Champoux et son moulin jusqu’en 1912.[4] La colonisation se fait à partir de 2 grands axes. Comme je le mentionnais plus tôt, le Lac Breeches et le Chemin de Lambton (route vers Ste-Praxède). En 1872, Onésime Fortier ouvre le rang de Lambton, en 1874, David Binette installe un commerce sur le Chemin Lambton qui deviendra la rue Champoux. C’est surtout en 1877 que des familles commencent à s’établir au Lac Breeches.[5] Au cours de cette année, la municipalité devient Disraeli en souvenir de Benjamin Disraeli. En 1878, le premier maître de poste, Antoine Lapointe, installe un magasin général sur la première rue. C’est au cours de la même année que la première messe est célébrée.

Suite à la colonisation, on note une période d’installation à Disraeli au cours des années 1879 à 1926. L’année 1879 marque l’arrivée de la gare qui permet une croissance économique. C’est l’industrie forestière qui domine à cette époque. Elle est favorisée par la rivière St-François qui permet la drave et le chemin de fer qui fait son apparition.  Les débuts de l’histoire de la municipalité ont été marqués par 3 événements majeurs. Tout d’abord, en 1883, l’officialisation de la municipalité du canton de Disraeli et l’élection d’un premier maire qui ne sera nul autre que John Champoux. Ensuite, on forme une commission scolaire et on fonde une première église avec l’arrivée du Curé Jobin au cours de la même année. Le presbytère sera construit 8 ans plus tard en 1891 et sera nommé Sainte-Luce.[6] L’importance des cours d’eau présents à Disraeli caractérise également son développement. De 1877 à 1879 c’est un bateau passeur qui assure le passage d’une rive à l’autre du Lac Aylmer. Le pont en bois a finalement été construit pour rejoindre la rue Jobin en 1879. En 1908, on construit un pont plus important qui donne accès à la rue St-Joseph. Ce pont est ensuite transformé en 2008 pour contrer sa détérioration.[7] Le presbytère est conçu en 1891 et on lui donne le nom de Ste-Luce. En 1897, la paroisse donne un terrain où sera construit le couvent de Sainte-Luce et l’école Sainte-Luce. En 1907, un premier collège est construit et en 1969, l’École Polyvalente de Disraeli rassemble les cours secondaires.

Crédit photo : Gabrielle Lapointe

Crédit photo : Gabrielle Lapointe

À cette époque, la vie économique est dirigée par les saisons. La vie de bûcheron l’exige. En hiver, on quitte vers la forêt alors qu’au printemps on revient pour travailler dans les moulins à scie locaux ou les moulins de papier de la Compagnie Brompton. Les draveurs jouent un rôle très important. On leur a même consacré une île pour éviter qu’ils ne viennent troubler la paix à Disraeli.[8] À l’été, ces travailleurs se transforment en cultivateurs et en petits fermiers. En 1892, Joseph et Honoré Parent ouvrent une compagnie de fabrication de portes et fenêtre qui va dans la lignée de l’Exploitation du bois pour Disraeli. Cette compagnie se spécialise vers 1930 dans la fabrication d’ameublement d’églises. Elle passe au feu par la suite et sera reconstruite pour être vendue à Adélard Lehoux. La population augmente au même rythme que la production, la croissance va bon train. [9] Malheureusement, des incendies vont freiner l’essor de Disraeli. En 1907, la première rue est victime d’un grand incendie, en 1911, c’est la rue Champoux. En fait, on devait attendre l’arrivée des  de Sherbrooke et Thetford Mines alors le feu se propageait. En 1914, c’est l’Église qui est incendiée. Sa reconstruction s’amorce en 1924 et se termine en 1926. [10]

Crédit photo : Gabrielle Lapointe

Crédit photo : Gabrielle Lapointe

La ville de Disraeli s’est développée selon la structure cadastrale du Canton. Elle s’est inspirée des Cantons de l’Est pour son développement. Ainsi, on retrouve l’Église au centre entre le pont du Lac Aylmer et le Moulin à scie de John Champoux. Les activités économiques de Disraeli se diversifient au cours des années 1930 à 2002. En effet, l’essor de l’économie réside dans le moulin à scie dès la fondation du village. Par la suite, on développe des industries de transformation du bois, ces industries formeront le cœur du village jusqu’aux années 2000 où la mondialisation aura raison de l’industrie du bois au Québec. En 1934, la salle paroissiale Jacques-Cartier est louée pour y établir une manufacture d’habits et de paletots. En 1947, elle sera détruite par les flammes. En 1940, c’est une fabrique de liqueur douce qui fait son apparition. En 1944, la Caisse populaire Desjardins ouvre ses portes. En 1944, la nouvelle salle paroissiale est vendue à Émile Gosselin qui ouvre une usine de fabrication meuble qui deviendra l’usine Shermag, le cœur économique de Disraeli. En 1945, trois manufactures s’installent, la « Quebec Woodenware », l’industrie R.Gagné et frères inc. ainsi que l’usine de Gérard Clarck qui travaillent toutes le bois. À partir de 1945, les gens vont travailler dans les mines de Coleraine et Black Lake en raison de la forte demande de métaux. À Partir de 1946, le cinéma Couture ouvre la voie à la diversification des services. La ville va se doter d’un secteur industriel  et en 1976 l’aréna est construit alors qu’en 1986 c’est au tour de la marina de voir le jour. [11]

Dès 1923, on compte 2400 personnes à Disraeli.[12] En 1990, la population de la ville de Disraeli est de 3004 personnes alors qu’en 2001, elle a diminué à 2661. En 2005, une faible augmentation de la population est notée alors qu’on retrouve 2699 personnes. Il est important de noter qu’en 1904, on sépare la ville de Disraeli et Disraeli paroisse pour former 2 municipalités. [13]

ARTICLE EN LIEN : MILIEU PHYSIQUE – PORTRAIT DE DISRAELI PARTIE 1 

[1] http://www.mrcdesappalaches.ca/contenu/municipalitesLocales_disraeliVille.cfm
[2] http://www.courrierfrontenac.qc.ca/index.asp?ID=131933&section=detail-actualite
[3] http://www.courrierfrontenac.qc.ca/index.asp?ID=131933&section=detail-actualite
[4] Dany Tanguay, Répertoire de Sépultures, 2006.
[5] Dany Tanguay, Répertoire de Sépultures, 2006.
[6] http://www.courrierfrontenac.qc.ca/index.asp?ID=131933&section=detail-actualite
[7] Dany Tanguay, Répertoire de Sépultures, 2006.
[8] Entrevue
[9] Dany Tanguay, Répertoire de Sépultures, 2006., p.6
[10] Dany Tanguay, Répertoire de Sépultures, 2006., p,9
[11] Henri Doyon, Album du centenaire de Disraeli, 1967.
[12] http://memoireduquebec.com/wiki/index.php?title=Disraeli_(municipalit%C3%A9_de_ville)
[13] Dany Tanguay, Répertoire de Sépultures, 2006., p.7

Un Commentaire

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